Véhicules connectés : des nouvelles données pour quels usages ?



Avec l’évolution technologique du numérique, les véhicules fabriqués et mis en vente ces dernières années sont maintenant tous équipés d’une connectivité internet sans fil embarquée. Cette liaison internet devient le canal pour récolter d’une part des données en temps réel sur le parc automobile et d’autre part pour créer une connaissance et une vision sur le trafic routier.


Un véhicule connecté, des connectivités multiformes

Quand nous entendons parler de véhicule connecté, nous pensons souvent aux fonctions de connectivité avec notre terminal mobile, comme le Bluetooth, qui nous permet d’écouter notre playlist préférée à partir de notre portable ou encore d’utiliser un système de navigation GPS. Il est vrai que si un véhicule connecté doit nécessairement être équipé d’un dispositif de communication sans fil et d’applications pour son bon fonctionnement, sa fonctionnalité de connectivité va bien au-delà de ces fonctions tournées vers le conducteur et les passagers à bord.


Avec sa fonctionnalité de connectivité, le véhicule devient communiquant et selon les protocoles et technologies utilisées avec des portées de communication plus ou moins longues, bidirectionnelles ou non, haut débit ou bas débit. Des connectivités multiformes pour des usages diversifiés. On pourra distinguer :


  • Le télématique : c’est le suivi distant et temps réel de l’activité du véhicule comme sa localisation, le comportement de conduite du conducteur, le diagnostic général du véhicule (moteur, pression des pneus, etc.).

  • V2V (vehicle-to-vehicle) : c’est l’échange des données entre deux véhicules à courte portée (environ 300 mètres). Les véhicules échanges des données (par exemple leur position et vitesse respective) avec ceux autour d’eux qui sont équipés de la même technologie. Par exemple afin d’anticiper une congestion sur l’itinéraire ou prévenir d’un accident, une alerte sera envoyée au véhicule suiveur pour qu’il ralentisse. Il peut s’agir aussi de détecter les éléments environnants sur un périmètre 360° pour localiser les angles morts ou les changements de voies.

  • V2I (vehicle-to-infrastructure) : ce type de connectivité permet de communiquer les informations du véhicule vers l’infrastructure routière pour une meilleure gestion du trafic sur l’itinéraire concerné soit de manière événementielle (un accident qui vient d’arriver), soit par anticipation (un aménagement de route prévu).

  • V2N (vehicle-to-network) : cette technologie permet de transmettre les données du véhicule à un réseau spécifique, le conducteur peut donc en retour recevoir des notifications concernant l’état du trafic sur son itinéraire par exemple.

  • B2V (brain-to-vehicle) : portée par Nissan, cette technologie a pour ambition d’appréhender le comportement du conducteur afin de rendre la conduite plus confortable mais aussi de personnaliser l’expérience de conduite. Par exemple, le dispositif pourrait prédire que le conducteur est sur le point de tourner le volant et commencer le mouvement en amont.

Exploiter les données pour optimiser le fonctionnement du véhicule

Pour les constructeurs automobiles, l’intégration de dispositifs connectés par les équipementiers (OEM) leur garantissent l’accès aux données de toute la flotte de leurs véhicules. Il va sans dire dans la logique RGPD, une fois l’autorisation accordée par le conducteur de collecter ses données.


Les véhicules connectés deviennent alors pour le constructeur auto une source de données stratégique pour améliorer l’efficacité des futurs modèles de véhicules mais aussi pour améliorer les process d’entretien et de maintenance.


Un véhicule capable de générer de la donnée d’auto-diagnostique aura une probabilité plus faible de tomber en panne parce qu’une notification préalable aura été envoyée au conducteur pour lui rappeler un besoin d’entretien ou de révision et au réseau d’entretien pour anticiper la prise de rendez-vous par exemple. L’analyse des données historiques collectées est également un précieux sésame pour l’amélioration continue des modèles ou la conception de nouveaux véhicules. Avec la fiabilité et la vitesse de connexion apportée par la 5G, les capacités de connectivité des véhicules se renforcent. Grâce à sa rapidité (100 fois plus vite que la 4G) et sa faible latence, les dispositifs sans fil embarqué dans le véhicule peuvent communiquer une plus grande quantité d’informations dans un temps plus réduit. La voie est ouverte à de nouvelles applications temps réel encore plus précises et plus personnalisées.


Quelle sécurité pour les données des véhicules connectés ?

Qu’en est-il de la cybersécurité des véhicules connectés ? En 2023, on prévoit 775 millions de véhicules privés connectés dans le monde, sans compter les véhicules professionnels tels que les VTC, les drones de livraison et les camions. Les dernières générations de véhicules connectés comptent entre 20 à 30 millions de lignes de code (et presque 100 millions pour les véhicules premium) et jusqu’à 60 unités de commandes électriques (ECU) qui contrôlent, par exemple, le freinage ou le moteur. Les points d’accès sont de plus en plus nombreux, qu’il s’agisse du téléphone, de la radio, du système de communication V2X du véhicule ou encore le Bluetooth. Ces éléments sont de plus en plus exposés aux cyberattaques et leurs conséquences sont toujours plus importante car davantage de responsabilités sont accordées aux véhicules pour remplacer le geste humain : pour appuyer ce phénomène, les deux chercheurs en sécurité informatique Charlie Miller et Chris Valasek ont hacké une Jeep Cherokee et pris le contrôle des fonctions de la voiture comme ses freins, ce qui a forcé le fabricant à mettre à jour le système de la gamme.


L’objectif d’un véhicule étant d’amener le passager d’un point A à un point B en toute sécurité, comment le garantir de la menace cyber ? Et qu’en est-il de la responsabilité dans le cas d’un accident provoqué par une cyberattaque ? Le Comité Européen de la Protection des Données préconise d’utiliser un chiffrement propre à chaque véhicule (et non chaque modèle). Il est important aussi de rappeler que le conducteur doit être prudent lorsqu’il branche un appareil externe à la voiture ou débride le dispositif. Bref, l’arrivée de véhicules connectés dans la circulation génère de nouvelles questions qu’il convient d’appréhender de manière prudente.


Les données au service de la gestion du trafic

L’essor des dispositifs connectés permettent aux véhicules de devenir eux-mêmes une source de données sur le trafic routier afin de mieux l’analyser : c’est ce que l’on appelle les floating car data (FCD). Il existe sur le marché plusieurs fournisseurs de données FCD tels que Here, TomTom, Inrix ou encore Wejo ou Otonomo pour les plus récents. Utilisées par les exploitants routiers, les villes et collectivités locales ou encore les sociétés d’ingénierie, les données collectées par les dispositifs connectés sont anonymisée et remontées vers des serveurs informatiques. Les données brutes sont ensuite exploitées avec des algorithmes avancés (clustering, map matching...) de façon à les rendre intelligibles et interprétables.


La multiplication des véhicules connectés sur les routes apporte un réel bénéfice dans la reconstruction du flux routier. En effet, les données de FCD sont une alternative économiquement avantageuse (ou un complément, selon la grandeur que l’on cherche à mesurer) aux capteurs physiques traditionnels intégrés ou implantés sur l’infrastructure (boucle de comptage, caméra...) qui nécessite un investissement lourd pour leur installation et leur exploitation. . Avec les données FCD, il est possible de connaître la position d’un véhicule, sa vitesse et sa direction à une fréquence très élevée et par agrégation, de déduire des informations sur le flux des véhicules sur un tronçon ou un itinéraire donné, par exemple le temps de parcours ou la vitesse de circulation.

La masse de données générées et la profondeur historique disponible aujourd’hui chez les différents data providers (de l’ordre de 5 ans) ouvre également la voie à des analyses avancées grâce aux technologies de l’IA et de la science de la donnée pour une connaissance plus fine des conditions de trafic et des prévisions de trafic ou de temps de parcours plus précises et plus fiables.


Enfin, avec l’élargissement constant des flottes de véhicules connectés, la couverture du réseau routier en données FCD devient quasi exhaustive, ce qui est inenvisageable avec les capteurs traditionnels compte tenu de leur coût de déploiement.


Tous les acteurs dans la chaîne de la donnée (constructeurs auto, OEM, data providers, gestionnaires routiers, ingénierie) ont intérêt à travailler efficacement et main dans la main pour tirer une valeur optimale de la donnée des véhicules connectés. L’enjeu c’est que tous soient alignés avec l’intérêt collectif de transition vers une mobilité plus vertueuse, plus sûre, plus fluide, plus respectueuse de l’environnement, et plus décarbonée.


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